Sunday, October 2nd, 2011
Bon… comme je ne prends pas le temps de dessiner en ce moment j’en profite pour partager avec vous mes deux derniers gros coup de cĹ“ur :
BrĂĽno , scĂ©nariste coloriste* et dessinateur de Bd dont j’admire l’efficacitĂ© du trait, des compositions et son sens de la couleur pour poser des ambiances* (*Voir les commentaires Ă ce sujet). Il y a du HergĂ© dans dans ce monsieur, je ne me lasse pas de regarder ses planches.
Mon second coup de cĹ“ur; Mister Dan Hipp s’inscrirait quand Ă lui peut-ĂŞtre d’avantage dans l’hĂ©ritage de Mignola mĂŞme si dans ses illustrations qui revisitent des figures de la “pop-culture” il lui arrive souvent de faire rĂ©fĂ©rence Ă Tintin.
Ă€ la diffĂ©rence que son style est beaucoup plus “cartoon” et sa maitrise des couleurs Ă©dulcorĂ©es donnent beaucoup d’impact Ă son travail et lui confère son originalitĂ©.
VoilĂ deux artistes qui me donne envie de sortir mes crayons.
Wednesday, February 10th, 2010
J’avais fait il y a quelque temps un article sur Mc Bess . J’Ă©tais passĂ© un peu vite sur les deux talentueux partenaires avec lesquels il a rĂ©alisĂ© “Sigg Jones”, leur film de fin d’Ă©tude Ă Supinfocom.
Sigg Jones from Asterokid on Vimeo .
Je rattrape en parti mon erreur et vous prĂ©sente donc aujourd’hui Douglas Lassance aka Asterokid qui a rĂ©alisĂ© depuis le très remarquĂ© “Galactic mail”.
On y retrouve comme dans Sigg Jones une intrigue portĂ©e par l’affrontement de deux personnages et un goĂ»t pour les clefs de bras. Visuellement, l’intĂ©gration de la 3d dans un univers 2D Vecto est parfaite.
Vous remarquerez Ă la fin du film, la prĂ©sence d’un Emmental posĂ© en Ă©vidence sur un tronc d’arbre. C’est un Ă©lĂ©ment que j’associe Ă l’univers de Mc Bess , peut-ĂŞtre un clin d’oeil de l’un Ă l’autre…
J’ai dessinĂ© une navette spatiale avant-hier, ça me ferait bien plaisir de l’animer dans cet esprit…
Galactic Mail from Asterokid on Vimeo .
Pour ce qui est de Jonathan Vuillemin aka Motraboy , le troisième de la team “Sigg Jones”, il n’y a pas beaucoup de nouvelles sur son blog, Ă suivre.
Monday, February 1st, 2010
J’ai dĂ©couvert le travail de Don Kenn il y a quelques mois avec l’impression d’avoir vraiment trouvĂ© quelque chose que je cherchais depuis longtemps. Il dĂ©veloppe un univers dont les prĂ©occupations sont proches de celles autour desquelles je tournais quand j’ai fait l’habillage de mon blog . Il met en scène de façon rĂ©currente l’Ă©mergence de crĂ©atures inquiĂ©tantes et parfois menaçantes. Mais les situations restent suspendues Ă cette simple confrontation, il ne donne jamais Ă voir le dĂ©nouement.
L’impression de temps en suspend est renforcĂ© par le traitĂ© du dessin, d’une minutie monacale . Les Ă©lĂ©ments visuels : personnages, arbres, sol, eau, sont traitĂ©s par le biais d’une rĂ©pĂ©tition de motifs qui donne Ă chacun une texture qui lui est propre. Et ces Ă©lĂ©ments eux-mĂŞmes (les personnages par exemple) se comportent parfois comme des motifs rĂ©pĂ©titifs.
Ce procĂ©dĂ© couplĂ© Ă l’absence de perspective gĂ©omĂ©trique Ă proprement parlĂ©, contribue Ă l’aplatissement de la reprĂ©sentation et Ă la sensation d’immobilitĂ© et de cloisonnement . Dans ces dessins mĂŞme les scènes d’extĂ©rieur deviennent claustrophobiques.
En fait ce que nous donne Ă voir Don kenn et qu’il rĂ©pète tel un motif au fil des ses illustrations c’est peut-ĂŞtre le sentiment d’angoisse dans tout ce qu’il a d’Ă©touffant d’entĂŞtant et d’insoluble .
Tuesday, December 8th, 2009
J’avais Ă©crit il n’y a pas si longtemps un article sur Sean Galloway . Ceux qui ont dĂ©jĂ visitĂ© son site auront constatĂ© qu’il lui arrive frĂ©quemment de travailler avec Irene Matar . Cette artiste reproduit ses dessins en volume avec une “pâte Ă modeler” spĂ©cialement conçue. La justesse, le respect du dessin d’origine et la minutie de son travail sont bluffant. Je vous conseille d’aller voir son blog , elle y montre de nombreux travaux en cours, c’est enrichissant et très impressionnant.
On retrouve ces qualitĂ©s dans le travail des sculpteurs du fabuleux studio d’animation britannique “Mackinnon & Saunders” . Un Studio qui porte haut les couleurs du “stop motion” dans des productions comme “wallace & gromit” ou “Mars attack”. Visitez leur site flash. Il laisse un peu sur sa faim, mais personnellement il me fait quand mĂŞme bien rĂŞver…
Ne vous y trompez pas, il n’y a pas que l’animation traditionnelle qui sollicite le savoir faire de ces artistes. Les gros Studio comme Dreamworks qui utilisent pourtant la 3D pour produire leur film, font appelle Ă des studios comme le “Bard scupture Studio” dans leur processus de crĂ©ation. Allez voir sur leur site, la qualitĂ© de leurs rĂ©alisations est Ă peine croyable, sur “Kung fu panda” notamment…
Pour ceux chez qui cet article aurait suscitĂ© des vocations, je vous invite Ă visiter le site de sketeletoon , oĂą vous pourrez vous procurer vos premières armatures de “stop-motion”.
Vous trouverez aussi une mine d’informations pour vous mettre Ă la sculpture dans cet article publiĂ© dans la toute nouvelle categorie “Make it Yourself” .
Par contre je n’ai pas d’informations techniques sur la mĂ©thode permettant de passer d’un sculpture rigide Ă une marionnette “animable” en “stop motion”. Si quelqu’un en a, qu’il me contacte, c’est avec plaisir que je les publierais sur mon blog.
Monday, June 22nd, 2009
Brendan Monroe est né et a grandi en Californie du Sud et a étudié au Art Center College of Design. Sa peinture figurative met en scène une nature inquiétante et mélancolique , trame organique d’une issue que l’on pressent funeste. Ses œuvres foisonnantes viennent souvent s’échouer aux frontières de l’expressionnisme abstrait et laissent deviner une réflexion très subtile sur la peinture.
Environ 150 ans sĂ©parent “Blush From Side to Side” de Brendan Monroe de l’OphĂ©lie (1851-52) de l’artiste anglais John Everet Millais .
À l’évidence pourtant les deux peintures traitent d’un même sujet :
Une jeune femme vouée à disparaître se laisse emporter par un flot inquiétant.
Entre la première et la seconde peinture , l’air industriel, deux conflits mondiaux, l’émergence des avant-gardes et une remise en question profonde des modes de représentations. 150 ans d’histoire de l’art mouvementés dont quelques fragments épars semblent émerger discrètement de l’horizon tendu entre ces deux œuvres, à l’image de plaques tectoniques qui tantôt s’éloignent ou s’entrechoquent.
Considérons maintenant l’Ophélie de Millais, comme une frêle embarcation qui aurait traversé cette tempête pour en ressortir sous la forme de la peinture de Monroe. On se dit alors que l’essentiel a résisté. Chez Monroe, la même naïveté des sentiments, la même mélancolie, le tout sertie dans une nature mystérieuse voir mystique. Sauf que chez Monroe la nature s’est concentrée dans un flot suspendu, par endroit anthropomorphique. Un fleuve abstrait qui vient figurer que le destin de la jeune fille est de se muer lentement en boue.
Le traitement de la boue me fait penser à la série des « Brushstroke » de Roy Lichtenstein dans lesquels la spontanéité d’un jet de peinture sur la toile est transcrit par un travail minutieux et appliqué. La peinture, en tant que matière, est figée dans sa représentation iconographique. Dans un processus inverse, l’œuvre de Monroe glisse doucement d’une forme de peinture libre et abstraite à une représentation figurative d’éléments imaginaires. Je clos là cet article déjà trop long pour le web, et si vous avez été assez motivé pour le lire jusque là je vous encourage vivement à poursuivre par une visite sur le site de Brendan Monroe .
Tuesday, June 2nd, 2009
Cela fait un moment que je suis le travail de Mathieu Bessudo aka Mc Bess . Il a un univers graphique très fort mĂŞlant de façon virtuose, autoportraits, montagnes de son enfance, rock n’roll, emmental, charcuteries, et autre nymphettes aux seins nus dans un style directement inspirĂ© des premiers Disney .
Issu de Supinfocom, son film de fin d’annĂ©e “Sigg Jones” (par ailleurs excellent lui aussi) ne laissait que très peu transpirer cet univers.
Mais le clip de son groupe (il est aussi musicien),“woody” rattrape ce silence et c’est un vĂ©ritable concentrĂ© de Mc Bess que je vous invite Ă dĂ©guster au plus vite.
Tuesday, March 17th, 2009
Sean Galloway est un illustrateur et un character designer qui vie et travaille Ă Los Angeles. C’est mon coup de cĹ“ur du moment , et ce dessin que j’ai rĂ©alisĂ© dernièrement lui doit beaucoup.
Je suis impressionnĂ© par la dynamique de ses personnages pourtant enserrĂ©s dans un style très clinique , qui pourrait les figer. L’illustration ci-dessous, qui fait Ă©cho Ă mon prĂ©cĂ©dent article sur Mignola , a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour “sword of storm” une sĂ©rie animĂ©e avec Hellboy .
En terme de Bd ma prĂ©fĂ©rence va pour des choses plus “grattĂ©es”, et c’est vraiment d’avantage son character design qui force mon admiration , nĂ©anmoins je trouve que son style entame un dialogue intĂ©ressant entre le comics amĂ©ricain et le manga japonais .
Monday, March 9th, 2009
Mike Mignola est une star adulĂ©e par ses fans. Mais bon, il y a deux ou trois ans je ne le connaissais pas encore, donc je ne renonce pas Ă le faire dĂ©couvrir Ă d’autres, qui sait. J’ai peu de chance nĂ©anmoins Ă©tant donnĂ© que Hellboy , le personnage qu’il a créé, a dĂ©jĂ fait l’objet de deux “blockbusters”.
Le travail de Mignola a Ă©tĂ© pour moi un Ă©lectrochoc , qui m’a redonnĂ© envi de dessiner (j’avais un peu laissĂ© tomber). J’ai Ă©tĂ© impressionnĂ© par sa façon très graphique de dessiner , son trait anguleux qui va Ă l’essentiel , et son sens efficace de la composition. Sa gestion de la lumière est radicale, elle est servie par un encrage puissant qui fait que toutes ses figures semblent surgir de l’ombre , Ă la manière d’un Georges de La Tour .
Tous cela le rend aussi incontournable que le coupe-vent fluo dans les annĂ©es 80. RĂ©pertorier les dĂ©clinaisons de Hellboy, dans tous les styles graphiques imaginables, que l’on rencontre sur le web pourrait faire l’objet d’un site tant il y en a.
Saturday, February 28th, 2009
Élève de Ken SouthWorth , le style de Florian Satzinger est fortement marquĂ© par l’univers graphique de Disney et - dans une moindre mesure - d’Hanna-Barbera.
Personnellement ses dessins me rappellent mes 8 ans quand je feuilletais mon Picsou magazine et ses personnages me font souvent penser aux gardes vautours du Robin des bois de Disney, Pendard et Niquedouille .
J’aime aussi sa façon d’inventer des machines faites de tas d’engrenages impossibles . C’est quelque chose que j’adorais faire enfant et je crois que le plaisir que cela procure est ce que recherchent les enfants en gĂ©nĂ©ral quand ils dessinent. Il faut croire qu’il a su garder cette impulsion intacte, ce qui est tout Ă son honneur.
Parallèlement Ă son travail dans l’Ă©dition, il enseigne le character design et l’animation Ă l’universitĂ© de Salzburg. Cela se ressent sur son site qui est très didactique et soignĂ© . Tout cela rend son travail bien agrĂ©able Ă suivre .
Wednesday, February 25th, 2009
J’ouvre aujourd’hui une nouvelle rubrique dans laquelle j’Ă©voquerais et rendrais hommage aux auteurs, aux illustrateurs, aux character designers, voir mĂŞme aux studios, qui par la qualitĂ© de leur travail, me motivent et me donne envie de devenir meilleur.